Tuesday, January 12, 2016

Les start-up françaises à la conquête des enfants

À peine nés, les bébés ont droit à tous les égards des créateurs de start-up. Ici au CES de Las Vegas, une salle d'exposition entière leur est consacrée. Tags pour retrouver les doudous perdus, biberons ou thermomètres connectés, purificateurs d'air, baby phone… l'Internet des objets s'est emparé de l'univers des tout petits.
Ludique et connecté

Outre Withings et son Thermo, ou le Tucky de e-TakesCare, la start-up française Oliba a su elle aussi se montrer inventive dans un domaine saturé d'offres: celui de la géolocalisation du doudou perdu. Sa solution se présente sous la forme d'une gentille tête de chouette à éclipser sur le doudou. Il permet de géolocaliser la peluche dès qu'elle est à plus de trente mètres du smartphone. Ainsi, si le doudou tombe de la poussette et que l'on continue son chemin, le smartphone effectue un relevé GPS de l'endroit de la chute et envoie une alerte. On peut ainsi revenir sur ses pas pour retrouver le précieux objet.
Oliba est aussi capable de raconter des histoires préenregistrées. La start-up a noué un partenariat avec Bayard Jeunesse, qui met à disposition des contes à télécharger dans l'application. Les parents peuvent d'enregistrer leur propre voix. Et comme il s'agit d'un objet connecté, si la même comptine tourne en boucle pendant de trop longues heures, les parents peuvent l'arrêter à distance ou en changer. Oliba est par ailleurs conçu avec assez de mémoire pour stocker quelques chansons et histoires. Pas besoin de se connecter à Internet, et donc d'exposer les enfants à des ondes, pour les diffuser. Oliba a déjà récolté plus de 30.000 dollars sur la plateforme de financement participatif Indiegogo.


Une autre start-up française, C-Way, développe des objets connectés spécialement imaginés pour les enfants. Parmi eux, un bracelet équipé d'une puce 2G permet de localiser ses enfants. Pas question pour autant de les tracer à tous moments. «À l'école, l'enfant est en sécurité, on peut étendre le bracelet et ne le rallumer que lorsqu'il se déplace, par exemple pour aller à un entraînement de sport, et recevoir une alerte quand il est bien arrivé: signifiant qu'il est au bon endroit au bon moment», explique Jeanne Chaumais, la fondatrice de C-Way. Le diable est dans les détails: elle a conçu son bracelet pour qu'il soit suffisamment fin pour que l'enfant puisse ôter son manteau sans problème, ce qui n'est pas toujours le cas de produits concurrents plus épais. Le bracelet comporte par ailleurs une petite plateforme pour accrocher des Lego, l'idée étant de le rendre ludique et acceptable par les petits. On peut aussi y clipser un cadran de montre. Le bracelet est venu 135 euros.
BlueBeep, de son côté, est un des rares à proposer un produit dédié à la sécurité de l'enfant lorsqu'il est attaché dans une chaise haute ou dans un siège bébé. Comme on n'est jamais à l'abri d'un enfant qui se détache, ou qui a été mal attaché, BlueBeep a imaginé un capteur qui s'accroche soit sous la tablette d'une chaise haute, soit se glisse dans la protection de la bretelle d'accroche du siège auto. Quand l'enfant bouge trop et que la chaise risque de tomber, ou lorsqu'il se détache de son siège, cela lance une alerte sur le smartphone de l'adulte responsable. Impossible de ne pas l'entendre! Les capteurs devraient être disponibles entre mai et juin, et vendus entre 80 et 90 euros.

Pourquoi Apple risque de supprimer la prise jack de l'iPhone 7

Chez Apple, le port de casque n'est pas obligatoire. Parmi toutes les spéculations entourant la sortie de l'iPhone 7, qui devrait être annoncé en septembre prochain, l'une est particulièrement persistante: Apple devrait supprimer la prise jack de son prochain smartphone.
Cette prise sert généralement à brancher un casque audio. Malgré son utilité évidente, elle entrave la course à la finesse des fabricants de smartphones, du fait de sa forme ronde et de son diamètre plutôt épais de 3,5 millimètres. S'en débarrasser permettrait de produire des téléphones plus fins. Apple avait déjà déposé un brevet pour un nouveau standard de prise jack plate, afin de gagner en espace. Il devrait finalement opter pour une solution radicale, d'après des sources anonymes citées par plusieurs médias américains, dont FastCompany et Forbes. Un changement «logique», d'après Ken Dulaney, analyste chez Gartner.
Une telle succession de révélations convergentes, quelques mois avant la sortie d'un produit, laisse peu de doutes sur les intentions du fabricant américain. La nouvelle fait déjà débat, comme si elle était déjà acquise. Une pétition en ligne s'opposant à ce projet a recueilli plus de 241.000 signatures durant le week-end. Les mécontents adoptent l'angle écologique pour critiquer cette décision: «cette nouveauté forcera les utilisateurs d'iPhone à dépenser de l'argent pour remplacer leurs écouteurs, et créera des montagnes de déchets électroniques qui ne seront probablement jamais recyclés», peut-on lire.
Des nouveaux casques sans fil

Apple ne compte cependant pas priver ses utilisateurs de musique. L'entreprise devrait proposer un modèle de casque sans fil, d'après les informations du site 9to5Mac, généralement très bien informé sur les coulisses de l'entreprise. Elle pourrait profiter de l'expérience en la matière de Beats Electronics, racheté pour 3 milliards de dollars en 2014, et qui propose déjà plusieurs modèles de ce genre dans sa gamme.
Les écouteurs de Bragi
Le dispositif envisagé pour la sortie de l'iPhone 7 prendrait la forme de deux sphères à enfiler dans chaque oreille. En septembre, Apple a déposé le nom «AirPods». 9to5Mac compare ces écouteurs à ceux de la start-up allemande Bragi. Cette technologie est néanmoins encore balbutiante et est très gourmande en batterie. Le site Business Insider remarque par ailleurs que l'iPhone ne supporte pour le moment qu'une seule connexion Bluetooth à la fois, alors que de tels écouteurs non reliés entre eux nécessiteraient au moins deux connexions simultanées.
La fin de la prise jack ne signera pas celle des casques filaires. L'autre option possible est le lancement par Apple d'un casque audio se branchant directement sur le port «Lightning», la prise propriétaire qui sert à charger le téléphone et à y transférer des données. Il existe déjà quelques rares modèles compatibles, notamment chez Sony. Avec ce nouveau standard, Apple ouvrirait la voiev à un nouveau marché de casques. Pour faire les choses dans les règles et se connecter au port Lightning, les fabricants devront toutefois obtenir une certification d'Apple - le programme MFI - et lui reverser des royautés. Dans la grande tradition de la marque, un adaptateur transformant la prise Lightning en prise jack pourrait être aussi proposé pour les personnes ne souhaitant pas se débarrasser de leur casque audio traditionnel.

Des précédents

La disparition de la prise jack s'inscrit dans la quête de longue date d'Apple de produire des appareils toujours plus fins et épurés. Le dernier MacBook ne dispose pas de port USB. Il a été remplacé par un nouveau standard de câble, l'USB-C, permettant à la fois de recharger l'appareil et d'y brancher d'autres périphériques. Avant cela, Apple s'est aussi débarrassé des lecteurs de disquette (en 1998, avec le premier iMac) puis des disques optiques, lors de la sortie du MacBook Air. Même quand il s'agit de ses propres inventions, le constructeur ne fait pas dans les sentiments. En témoigne l'arrivée du port Lightning avec l'iPhone 5, après des générations d'appareils Apple utilisant le «dock connector», qui prenait bien plus de place que son prédécesseur.

Apple peut se permettre une telle obsession de la netteté. L'entreprise américaine jouit d'une influence hors-norme dans l'industrie des nouvelles technologies, nourrie par la fidélité de ses utilisateurs, leur dépendance à son écosystème fermé et la volonté des autres fabricants de lui voler des clients en adoptant ses codes. Elle a jusqu'ici toujours été suivie, par les consommateurs comme ses concurrents. Apple a lancé la tendance de l'USB-C, qui équipe de plus en plus d'appareils. Et a imposé l'idée des batteries non amovibles sur les téléphones. L'industrie du mobile réfléchit désormais à la généralisation de la carte SIM embarquée, c'est-à-dire soudée directement dans le téléphone par le fabricant. Là encore, Apple avait précédé ce mouvement en équipant, en 2014, l'iPad Air 2 d'une carte SIM qu'elle avait elle-même produite. Si la prise jack suit le même chemin que ses prédécesseurs, elle pourrait disparaître peu à peu de tous les smartphones.

Les assureurs proposent de plus en plus de services santé

Après Axa, qui a lancé en mai dernier un service de consultation médicale par téléphone, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, c'est au tour de CNP Assurances d'offrir de nouveaux services en santé. Elle ouvrira fin novembre une plateforme digitale, baptisée Lyfe, qui proposera des télé-conseils médicalisés 24 heures sur 24 aux assurés qui souhaitent avoir un avis médical d'urgence. En une heure maximun, un médecin répondra par écrit à leur demande. Mais ce site est aussi un point d'entrée pour les clients qui veulent prendre rendez-vous rapidement (moins de trois jours) pour une consultation médicale ou la réalisation d'un acte d'imagerie (scanner….) dans un centre de santé partenaire de la compagnie d'assurance. Ils pourront de la même façon solliciter en ligne un bilan médical personnalisé. Une fois le rendez-vous demandé, le centre de santé partenaire entrera en contact avec eux pour remplir un questionnaire de santé et décider des examens les mieux adaptés. Coaching personnalisé mais à distance Lyfe promet également un accompagnement et un coaching très personnalisés en prévention santé. Le service en ligne dédié à cette fonction apprend à connaître la personne jour après jour, et propose quotidiennement des contenus parfaitement adaptés à son profil, à ses besoins, à son comportement… Ce site, qui s'enrichira chaque trimestre de nouvelles fonctionnalités, permet même de programmer une visite d'un expert de la dépendance afin de voir comment adapter le logement d'un proche qui devient dépendant. Comme Axa, dont le service de téléconsultations était dans un premier temps réservé aux clients assurés dans le cadre de leur entreprise, CNP Assurances compte limiter l'accès de cette nouvelle plateforme aux adhérents des mutuelles, institutions de prévoyance et entreprises dont elle est partenaire.

Accalmie sur les prix d'assurance auto en 2016

Les automobilistes ne devraient pas voir leurs primes d'assurance s'alourdir beaucoup l'an prochain. La Macif, premier assureur auto de France, va même légèrement baisser ses tarifs en 2016, de 0,3 % en moyenne, et de 1,3 % en tenant compte du jeu des bonus dont profitent certains clients. Elle n'est pas la seule à affirmer ainsi se soucier «de préserver le budget» de ses assurés. Déjà, en septembre, la Matmut avait promis à ses sociétaires un gel de leurs cotisations, et même jusqu'à 5 % d'économies sur les voitures familiales, comme les monospaces. La Maif, elle, s'est engagée dès le mois de juin à ne pas augmenter ses prix, pour la troisième année consécutive. Même s'ils ont relevé leurs primes beaucoup plus vite que les mutuelles ces dernières années, les assureurs traditionnels devraient aussi cette fois jouer la carte de la modération. «Les hausses devraient être quasi nulles en moyenne l'an prochain, car les clients ne les acceptent plus», relève Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures. Toute hausse de tarifs se solde désormais chez les assureurs par une vague de résiliations, qui oblige les compagnies à renégocier avec les clients pour les garder. «Elles perdent beaucoup de temps, sans arriver à augmenter leur chiffre d'affaires», observe le spécialiste de l'assurance. Les assureurs vont rogner sur les garanties ou élargir les franchises Alors que la loi Hamon, entrée en vigueur le 1er janvier, risque de rendre les Français encore plus mobiles et prompts à faire jouer la concurrence, les assureurs préfèrent donc changer leur fusil d'épaule. Pour compenser l'alourdissement du coût des sinistres, notamment corporels, et l'inflation de leurs frais généraux, ils devraient plutôt rogner sur les garanties ou élargir les franchises, selon Facts & Figures. Ils pourraient surtout ajuster encore plus finement les primes en fonction du profil de risque des clients, en segmentant toujours plus leurs offres. Axa France, par exemple, qui n'a pas encore dévoilé sa politique tarifaire 2016, prévoit de récompenser davantage les bons conducteurs, que les assureurs s'arrachent, et les assurés qui détiennent chez elle plusieurs contrats. Seuls certains automobilistes verront donc leurs primes diminuer, et d'autres constateront au contraire qu'elles s'alourdissent. D'autant que tous les assureurs ne se mettront pas au diapason. MAAF annonce ainsi une hausse de 1,4 % de ses tarifs l'an prochain, après les avoir baissés en 2014 et gelés en 2015.

Risques climatiques: les assureurs craignent un doublement de leur facture

Si beaucoup de corporations tirent la sonnette d'alarme concernant les conséquences du réchauffement climatique, l'une d'entre elle a chiffré avec précision l'impact sur son activité. Et, sans jeu de mot, les perspectives ne sont guère rassurantes: les assureurs prévoient en effet que les coûts des catastrophes naturelles liées au réchauffement en France doubleront à l'horizon de 2040. Du moins si rien de concret ne ressort du futur accord à la fin de la COP21. D'après un rapport publié ce jeudi par l'Association française de l'assurance (AFA), en l'absence d'une quelconque évolution positive, la facture liée aux aléas climatiques et naturels s'élèvera à 92 milliards d'euros cumulés en 2039. A titre de comparaison, de 1988 à 2013, sur une période similaire de 25 ans donc, la note s'est élevée pour les compagnies d'assurances à 48 milliards. Autrement dit, la facture va tout simplement doubler. Topographie défavorable Le rapport pointe du doigt plusieurs faiblesses en particulier. Primo, bien plus graves encore que les tempête, la sécheresse. S'appuyant sur des projections de Météo France, , l'AFA estime à 21 milliards d'euros le coût de ces périodes qui, sur les terrains argileux, endommagent directement les habitations en générant des fissures. Second élément, plus connu, mais où la France demeure fortement vulnérable: les submersions maritimes suite à un épisode météorologique défavorable. Le rapport avance que 40% des 7000km de littoral français ont une topographie défavorable, et que seules 22% des 300 communes soumises à un risque de submersion ont un plan de prévention des risques performant. Et si l'AFA émet , dans un livre blanc, des recommandations au niveau des communes, qui doivent absolument se montrer prudentes sur les permis de construire quand elles sont en zone sensible, ou de développer les plans de sauvegarde dans les installations touristiques comme les campings, la vraie solution est ailleurs. Et il s'agit de celle qui se discute actuellement dans le cadre de la COP21 et qui espère pouvoir maintenir le réchauffement au maximum à 2 degrés. Les contrats des particuliers en théorie épargnés Et qui va devoir payer la note qui risque d'être répercutée ensuite sur les contrats d'assurances? Dans ses recommandations, l'AFA indique qu'elle juge nécessaire de «fixer librement» (comprendre «augmenter») la franchise de garantie catastrophes naturelles pour «les contrats d'assurance couvrant des capitaux supérieurs à 50 millions d'euros, et pour ceux couvrant des collectivités territoriales quelle que soit leur taille». Autrement dit, les professionnels de l'assurance recommandent que les particuliers et les petites PME ne soient pas impactés. «Nous ne pensons pas qu'il est nécessaire de faire reposer les coûts sur ces deux catégories. Viser les grosses entreprises et les collectivités revient à demander un effort à ceux qui justement ont les moyens de mettre en place des plans de prévention face aux aléas climatiques» explique un assureur ayant participé à l'élaboration de ce livre blanc. Et qui précise que «le but est de limiter la part des primes d'assurances couvrant les risques des aléas naturels* de 16% actuellement à, maximum, 25%». Les particuliers habitant sur des zones à risque devraient donc pouvoir souffler au moment de devoir payer leur assurance habitation. Les collectivités locales en difficulté financière un peu moins...